01
1874 – 1963
Le chemin de fer minier
Concession en 1874, inauguration en 1884. Huit décennies à transporter le charbon de Teverga et Quirós jusqu’à la fabrique de Trubia, avec plus de 30 tunnels creusés dans la roche vive.
Du train minier aux ours · Depuis 1874
La voie verte la plus célèbre des Asturies n’est pas née comme itinéraire touristique. Elle est née en 1884 comme chemin de fer minier. Voici son histoire complète, avec dates et compagnies réelles.
Voir la chronologie162 ans en trois actes
La voie verte la plus célèbre des Asturies n’est pas née comme itinéraire touristique. Elle est née comme chemin de fer minier en 1884. Voici les trois actes avant la chronologie détaillée.
01
1874 – 1963
Concession en 1874, inauguration en 1884. Huit décennies à transporter le charbon de Teverga et Quirós jusqu’à la fabrique de Trubia, avec plus de 30 tunnels creusés dans la roche vive.
02
1963 – 1990
Fermeture des mines et trois décennies de silence. Le tracé disparaît sous la broussaille, les rails sont enlevés, les tunnels restent à découvert. Une cicatrice oubliée dans le paysage.
03
1995 – aujourd’hui
Des cyclotouristes de Xixón poussent la reconversion. Ouvertures par tronçons entre 1995 et 1999. Arrivée de Paca et Tola au cercado en 1996. Le nom « Senda del Oso » s’impose.
Chronologie
162 ans entre le premier projet de chemin de fer minier et la voie verte que nous connaissons. Dates et faits vérifiés avec des sources ferroviaires et les archives de la Principauté.
mines
Des capitaux français étudient la ligne Quirós–Trubia pour sortir le charbon. Le projet n’est pas réalisé.
mines
Elle rachète les droits miniers et reprend le projet de chemin de fer minier vers Trubia.
chemin de fer
Une ligne à voie étroite (750 mm) est autorisée de Quirós jusqu’à la fabrique de Trubia.
chemin de fer
30 tunnels creusés dans la roche, des dizaines de ponts et de gares intermédiaires. La ligne commence à fonctionner après dix ans de travaux.
chemin de fer
Le contrôle industriel du bassin du Trubia se concentre dans une seule entreprise.
chemin de fer
Une locomotive à vapeur est achetée en France et circulera pendant des décennies.
mines
Constitution de la société le 31 octobre, capital de 4 250 000 pesetas. L’une des grandes minières du bassin.
mines
244 ouvriers directs, plusieurs départs par jour. Le train tourne à plein régime.
mines
Hulleras e Industrias S.A. est constituée le 19 décembre et rachète les opérations en 1943. Dernière exploitante du chemin de fer.
fermeture
Fermeture définitive du chemin de fer minier. Trains démantelés, rails enlevés. Le tracé entre dans trois décennies d’abandon.
voie verte
Inauguration du tronçon Tuñón → Proaza (6 km) en mai. La reconversion commence.
les ourses
Les deux oursonnes orphelines arrivent le 26 mai. Le sentier commence à être appelé « Senda del Oso ». Le tronçon Caranga → Entrago ouvre le même été.
voie verte
En juin, ouverture de Caranga → Valdemurio (~6 km). Le sentier prend sa forme définitive en Y.
les ourses
Molina, une ourse brune secourue, rejoint le cercado de Fernanchín.
les ourses
L’une des deux oursonnes d’origine s’éteint. Paca et Molina restent au cercado.
les ourses
Le 10 avril. Molina reste l’unique ourse du cercado, référence pour des milliers de visiteurs chaque année.
voie verte
Des dizaines de milliers de visiteurs par an, familles, cyclotouristes et photographes. Le tracé reste intact et les tunnels du XIXᵉ siècle sont toujours les mêmes.
Contexte
Au milieu du XIXᵉ siècle, les Asturies étaient le bassin houiller le plus actif d’Espagne. Le charbon des vallées de Turón, Mieres, Langreo et Caudal alimentait la sidérurgie, les navires et les premières industries. Mais les gisements des vallées de Quirós et Teverga avaient été laissés de côté faute de transport.
La première grande tentative a eu lieu en 1863, lorsque la Société Houllière de Quirós, à capitaux français, a projeté une voie ferrée depuis les puits jusqu’à la fabrique d’armes de Trubia. Le projet n’a pas été réalisé, mais l’idée est restée. En 1868, la Compañía de Minas y Fundiciones de Santander y Quirós a été créée et a repris le projet. La concession officielle a été accordée en 1874.
1824
Concession officielle
Voie étroite 750 mm · Quirós → Trubia
Acte un
La construction du tracé a été un travail titanesque. Le parcours traversait deux gorges profondes — Peñas Juntas et Valdecerezales — qui ont imposé de creuser des tunnels à la pioche et à la dynamite dans la roche vive. La branche d’Entrago à Perihuela totalisait à elle seule 18 tunnels sur 703 m et cinq ponts principaux.
En 1884, le service a été inauguré, dix ans après la concession. L’écartement de 750 mm a été choisi pour son coût moindre et sa capacité à prendre des rayons de courbe serrés. En 1888, la Fábrica de Mieres a racheté les actifs. En 1892, une locomotive à vapeur a été acquise en France et a circulé pendant des décennies.
1834
Inauguration du service
10 ans de travaux · 30+ tunnels
Acte deux
Le chemin de fer a fonctionné sans interruption pendant près de huit décennies. Les données de production de 1912 — l’un des exercices bien documentés — donnent la mesure du volume transporté et de l’effectif qui l’exploitait.
L’exploitation est passée par plusieurs compagnies : Santander y Quirós, la Fábrica de Mieres, la Sociedad Anónima Minas de Teverga (fondée le 31 octobre 1900 avec 4 250 000 pesetas de capital) et, enfin, Hullasa (Hulleras e Industrias S.A.), constituée le 19 décembre 1940.
Production en 1912
0 t/an
Charbon transporté
0
Ouvriers directs
0 mm
Écartement de voie
Transition
En 1963, les machines à vapeur se sont tues. Les trains ont été démantelés. Les tunnels sont restés à découvert, les rails ont été enlevés, les ponts n’ont plus été entretenus. La végétation a peu à peu repris le tracé.
Pendant trois décennies, l’ancienne ligne a été une cicatrice oubliée dans le paysage asturien. Les habitants de Proaza, Teverga et Quirós se souvenaient des trains, mais plus personne ne passait par là : les sentiers étaient envahis de lierre, d’épines et ponctués d’éboulements.
"Les tunnels sont restés à découvert, les rails enlevés, les ponts sans entretien."
— La ligne, 1963
Acte trois
L’idée de récupérer le tracé est venue d’un groupe de cyclotouristes de Xixón. La Principauté des Asturies et la Mancomunidad de los Valles del Trubia ont pris en charge le projet, avec un financement régional et, dans les phases ultérieures, des fonds européens.
Chaque tronçon a impliqué le nettoyage des tunnels, un éclairage photovoltaïque, une chaussée en graviers compactés, la réhabilitation des ponts et des parkings aux accès. Le résultat est une voie verte en forme de Y, avec 35 km en sens unique, accessible aux vélos, trottinettes et marcheurs de tout âge.
Ouvertures par tronçons
mai 1995
Tuñón → Proaza · 6 km
été 1996
Caranga → Entrago · 14 km
juin 1999
Caranga → Valdemurio · branche Quirós
Pourquoi ce nom
Alors que le tronçon 2 du sentier finissait de s’ouvrir au public à l’été 1996, le 26 mai 1996, deux oursonnes brunes cantabriques orphelines sont entrées dans le cercado de Fernanchín, une installation de semi-liberté aménagée par la FOA (Fundación Oso de Asturias) entre Proaza et Santo Adriano.
Les oursonnes avaient été baptisées à l’origine Selva et Charli. Après leur arrivée au cercado et la couverture médiatique, elles sont devenues Paca et Tola. Le nom « Senda del Oso » s’est imposé commercialement après l’arrivée des ourses.
Tola est morte en 2018. Paca est morte le 10 avril 2025. Il reste aujourd’hui Molina, une ourse brune secourue en 2013 qui vit dans le même cercado. Son histoire complète est sur /senda-del-oso/paca-y-tola/.
1946
Paca et Tola arrivent
26 mai · cercado de Fernanchín
Ce qui reste aujourd’hui
À vélo ou à pied sur le sentier, l’héritage minier est omniprésent si l’on sait où regarder. Les plus de 30 tunnels sont les mêmes que ceux creusés par les ouvriers du XIXᵉ siècle. Les ponts conservent leur structure d’origine. Plusieurs gares intermédiaires ont été transformées en aires de repos avec panneaux informatifs.
Pour qui apprécie le patrimoine industriel, le Sentier de l’Ours (Senda del Oso) est l’un des meilleurs exemples de réutilisation de chemins de fer miniers en Espagne, avec la Vía Verde del Pas (Cantabrie) et la Vía Verde de la Sierra (Cadix).
Ce qui subsiste
+0
Tunnels d’origine
0 km
Voie verte en service
0
Années d’histoire
Parcourez l’histoire
Tout cela est là, sous vos roues ou vos pieds, à attendre. Parcourir les 22 km en descente de la branche de Teverga en deux ou trois heures, en s’arrêtant à chaque point d’intérêt, est la façon la plus complète de découvrir le sentier.
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